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Feux de forêt : les pompiers du Haut-Rhin au front d’une crise climatique et budgétaire
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Des sapeurs-pompiers du Haut-Rhin sont déployés sur plusieurs incendies majeurs, de Fontainebleau au bassin d’Arcachon, ainsi que dans le Var et l’Hérault. Environ quarante agents du département seraient ainsi mobilisés depuis une dizaine de jours.
Ces femmes et ces hommes ne partent pas combattre un phénomène abstrait. Ils affrontent le feu, la fatigue, le danger, l’éloignement des familles et des interventions qui peuvent s’inscrire dans la durée. Quand le chef de corps évoque des « soldats du climat », la formule traduit une réalité : les catastrophes climatiques pèsent déjà sur le travail des secours, sur leur organisation et sur les moyens disponibles localement.
Mais les sapeurs-pompiers ne sont pas des soldats, et le climat n’est pas un ennemi tombé du ciel. Les incendies, les sécheresses et les canicules s’inscrivent dans une crise produite par un modèle économique fondé sur l’extraction sans limite, la course au profit et l’insuffisance des politiques publiques de prévention. Pendant des décennies, les grandes entreprises les plus émettrices ont bénéficié de choix favorables à leurs intérêts. Aujourd’hui, ce sont les travailleurs des secours, les habitants exposés et les collectivités qui doivent encaisser les conséquences.
Dans le Haut-Rhin aussi, cette mobilisation pose une question concrète : comment garantir la continuité des secours de proximité lorsque des équipes et des matériels sont appelés loin du département ? Il ne s’agit pas d’opposer les territoires entre eux. La solidarité nationale est indispensable. Mais elle exige que l’État donne aux services départementaux d’incendie et de secours les capacités humaines, matérielles et financières correspondant aux risques réels.
Le volontariat, l’engagement professionnel et le dévouement des personnels ne peuvent pas servir de prétexte à l’économie budgétaire. On ne répond pas à des feux plus fréquents et plus intenses par des remerciements de circonstance, des médailles et des discours sur la vocation. Les pompiers ont besoin d’effectifs formés, de temps de repos, d’équipements adaptés, de véhicules entretenus et d’une reconnaissance salariale à la hauteur de leurs missions.
Pour le PCF68, la réponse doit être à la fois climatique et sociale. Prévenir les catastrophes suppose de réduire réellement les émissions, de développer les transports collectifs et le rail, de rénover les logements, de protéger les forêts et de mettre les grands groupes pollueurs devant leurs responsabilités financières. L’écologie ne peut pas être une facture de plus pour les ménages populaires, pendant que les profits des multinationales restent protégés.
Nous proposons que l’État garantisse un financement pérenne renforcé des SDIS, afin que les départements ne portent pas seuls le coût d’une crise d’ampleur nationale. Nous demandons également un plan public de recrutement, de formation et d’équipement pour les services d’incendie et de secours, avec une attention particulière aux conditions de travail et au repos des personnels engagés sur des opérations longues.
La solidarité des pompiers haut-rhinois mérite mieux que des hommages : elle impose des choix politiques. Face aux incendies, la vraie imprévoyance serait de continuer comme avant.