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l’enseignement supérieur doit être un droit réel, pas un parcours réservé à celles et ceux qui peuvent financer un loyer élevé
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Environ un tiers du parc de logements du Crous peut chaque année être réattribué à de nouveaux étudiants boursiers en Alsace. Or la demande dépasse largement les capacités d’accueil disponibles.
Le fait est clair : pour une partie des jeunes qui entrent dans l’enseignement supérieur, accéder à une formation suppose d’abord de trouver un toit à un prix supportable. Et ce droit élémentaire devient une compétition pour des places trop rares.
Le logement Crous n’est pas un confort accessoire. C’est un outil de service public, particulièrement décisif pour les étudiants boursiers, ceux dont les familles disposent des revenus les plus modestes et ceux qui doivent quitter leur commune pour étudier. Quand l’offre publique manque, les étudiants sont renvoyés vers le marché locatif privé, ses loyers, ses cautions, ses garanties et ses sélections. En clair : vers un système où avoir un revenu familial solide pèse souvent davantage que le mérite ou le projet d’études.
La situation alsacienne ne relève donc pas d’un simple problème administratif de répartition. Elle traduit un rapport de force : d’un côté, des étudiants qui ont besoin de se loger pour étudier ; de l’autre, un marché immobilier organisé autour de la rentabilité et un service public dont les capacités ne suivent pas les besoins. Le marché promet de résoudre la crise, à condition, évidemment, que les jeunes puissent payer. Voilà une solution particulièrement pratique pour ceux qui possèdent les logements.
Les conséquences sont concrètes. L’absence de logement abordable peut imposer des trajets plus longs, accroître la dépendance financière envers les familles, compliquer l’accès à un emploi étudiant ou à un stage, et fragiliser la réussite universitaire. Elle aggrave aussi les inégalités entre les étudiants pouvant être aidés par leurs proches et ceux qui doivent compter chaque euro. Derrière les dossiers de demande, il y a du temps perdu dans les transports, des budgets étranglés et parfois le renoncement à une orientation ou à une ville d’études.
Pour le PCF du Haut-Rhin, l’enseignement supérieur doit être un droit réel, pas un parcours réservé à celles et ceux qui peuvent financer un loyer élevé. Cela exige de traiter le logement étudiant comme une composante à part entière du service public de l’éducation, avec des moyens pérennes et une programmation publique.
Nous défendons notamment deux exigences vérifiables : premièrement, la publication annuelle, à l’échelle alsacienne, du nombre de demandes de logements Crous, du nombre de logements attribués et du nombre de demandes non satisfaites, afin que les besoins ne soient plus invisibilisés. Deuxièmement, l’engagement d’un plan public de création et de rénovation de logements étudiants à loyers accessibles, financé durablement par l’État et construit avec les collectivités, les universités, les représentants étudiants et le Crous.
Il ne suffit pas de constater que la demande s’envole. Il faut décider que la réponse publique décolle elle aussi.