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Le premier tour de l’élection départementale partielle dans le canton de Colmar-1 a placé Nathalie Prunier, soutenue par des élus de droite et du centre, en tête avec 26,92 % des suffrages exprimés, devant Frédéric Hilbert, candidat écologiste et de gauche, à 22,02 %. Yann Durrière (RN) obtient 19,25 % et Monique Fritsch 15,16 %, selon les résultats repris dans le résumé public de L’Alsace.
Mais le fait politique principal est ailleurs : l’abstention atteint un niveau massif. 12,44 % de participation . Près de 88 % des inscrits ne se sont pas rendus aux urnes.
Il serait commode d’y voir une simple désaffection estivale ou un manque d’intérêt pour une élection partielle. Ce serait surtout une manière pratique de ne pas regarder la réalité en face. Quand les institutions paraissent lointaines, quand les services publics reculent, quand le travail précaire, les fins de mois difficiles et les inquiétudes sur le logement ou la santé occupent le quotidien, le bulletin de vote ne retrouve pas miraculeusement sa force par une injonction civique.
La participation plus élevée à Ingersheim, annoncée à 20,92 %, montre aussi que les réalités territoriales comptent. L’accès à l’information, la proximité des candidats, les réseaux locaux et le sentiment d’être concerné ne sont pas répartis de manière égale. Derrière les pourcentages, il y a une question concrète : qui se sent représenté, et qui a le sentiment que les décisions se prennent sans lui ?
La Collectivité européenne d’Alsace ne peut pourtant pas être réduite à une compétition d’étiquettes. Ses compétences touchent directement la vie quotidienne : action sociale, accompagnement des personnes âgées et en situation de handicap, routes, collèges, protection de l’enfance, transports et solidarité territoriale. Autrement dit, des politiques qui comptent particulièrement pour celles et ceux qui ne disposent ni d’un patrimoine, ni de relations, ni de voiture pour compenser le recul du service public.
Le score du RN, troisième avec 19,25 % des exprimés sans accéder au second tour, doit être pris au sérieux sans lui offrir le rôle qu’il recherche. La colère sociale est réelle. Mais elle ne sera pas résolue par la désignation de boucs émissaires, ni par les discours qui opposent les habitants entre eux tout en laissant tranquilles les mécanismes qui produisent les inégalités : salaires trop bas, emplois fragilisés, hausse du coût de la vie et affaiblissement organisé des services collectifs.
Pour le PCF68, l’urgence est de reconstruire de la démocratie concrète : celle qui part des besoins des habitants et donne des résultats contrôlables.
Cela suppose aussi d’engager des permanences régulières de proximité et des rencontres publiques dans les quartiers concernés, associant habitants, agents des services publics, associations et élus. Pas des opérations de communication entre deux campagnes, mais un suivi public des demandes : transports, accès aux droits, accompagnement social, collèges et protection de l’enfance.
Le second tour ne doit pas effacer l’avertissement du premier. Une démocratie où l’immense majorité des électeurs reste à l’écart ne peut se satisfaire d’un résultat arithmétiquement valide. Elle doit regagner, par des actes, la confiance que les politiques d’austérité et l’éloignement des décideurs ont méthodiquement abîmée.